Après un abattage · Dessouchage · 7 min de lecture
Enlever une souche : rogner ou extraire ?
Rogner une souche, c’est la réduire en copeaux sur place, jusqu’à 30 cm dans le sol selon les cas ; l’extraire, c’est la sortir du sol : deux façons de dessoucher. Le bon choix dépend d’abord de ce que deviendra le terrain, ensuite de l’arbre : certaines essences repartent de leurs racines, et un arbre mort d’une maladie des racines demande des précautions avant de replanter.
Par W&G Élagage, élagueur à Talence·Publié le ·Mis à jour le ·Sources citées

L’essentiel
- Dites avant le chantier ce que deviendra le terrain (pelouse, plantation, terrasse) : c’est ce qui oriente le choix entre rogner et extraire.
- Certaines essences repoussent de la souche ou des racines après la coupe : signalez-le, car la méthode et le suivi en dépendent.
- Si l’arbre est mort d’une maladie des racines, faites-la identifier avant de replanter au même endroit.
Sommaire · 5 parties
Deux méthodes, deux résultats
| Rogner | Extraire | |
|---|---|---|
| Le geste | La souche est « grignotée » sur place, jusqu’à 30 cm dans le sol selon les cas | La souche est sortie du sol |
| Les copeaux | Le plus souvent laissés sur place | Pas de rognage, donc pas de copeaux |
| Chez les professionnels | La technique la plus utilisée | Systématique si un champignon attaque les racines |
Rogner (on dit aussi fraiser) consiste à « grignoter » la souche sur place : selon le glossaire de Plante & Cité, l’opération « peut aller jusqu’à 30 cm dans le sol selon les cas ».
Dans l’enquête de Plante & Cité auprès de professionnels, c’est la technique d’essouchage la plus utilisée, et les copeaux sont le plus souvent laissés sur place ; en se décomposant, les souches rognées rendent au sol une partie du carbone stocké par l’arbre.
Extraire consiste à sortir la souche du sol (Plante & Cité).

Ce que vous voulez faire du terrain
Posez-vous d’abord cette question, avant même de parler de l’arbre : c’est elle qui oriente le choix entre rogner et extraire. Dites-le en envoyant la photo.
Une souche qui ne gêne pas peut aussi rester : selon Plante & Cité, sa dégradation naturelle enrichit localement le sol en matière organique.
- Une pelouse, un massif, un simple passage
- Il s’agit de ne plus voir la souche et de pouvoir tondre par-dessus.
- Un arbre à replanter au même endroit
- Voir aussi plus bas le cas des maladies des racines.
- Une terrasse, une allée, une construction
- Signalez-le aussi avant le chantier.
- Un talus, un terrain en pente
- Plante & Cité conseille de ne pas enlever la souche, pour limiter l’érosion et les éboulements : même si l’arbre meurt, ses racines continuent de tenir le sol jusqu’à leur dégradation complète.
- Une souche difficile d’accès
- Contre un mur, une clôture, près d’une canalisation ou d’un câble enterré : signalez-le en envoyant la photo.
L’arbre risque-t-il de repousser ?
Un arbre coupé n’est pas toujours un arbre mort.
Le Service des forêts et de la nature du canton de Fribourg (Suisse) le résume ainsi : « lorsque les feuillus sont coupés au ras du sol, certaines espèces réagissent par des rejets. L’intensité de ces rejets dépend notamment de l’espèce végétale ainsi que de la vitalité et des réserves énergétiques restantes de la plante. »
Dans sa lutte contre un insecte, le capricorne asiatique, ce service organise, à la demande des propriétaires, le fraisage des souches de plusieurs feuillus (érables, marronniers, bouleaux, frênes, peupliers, saules, ormes).
Selon lui, le suivi « diminue fortement les années suivantes, car aucun nouvel habitat ne peut se former pour le capricorne asiatique à partir des rejets de souches ».
À l’inverse, selon Plante & Cité, les résineux, comme le pin, ne rejettent pas de souche, « sauf de rares exemples comme l’if », et les vieux arbres ont tendance à moins rejeter, voire plus du tout.
Il faut distinguer deux cas, que le glossaire de Plante & Cité définit :
- Les rejets de souche
- Ils prennent naissance sur le pourtour de la souche, après la coupe. Ce sont eux que vise le fraisage fribourgeois.
- Les drageons
- Ils naissent d’un bourgeon situé sur une racine. Là, la souche n’est qu’une partie du problème.
Parmi les essences qui drageonnent facilement, le glossaire cite l’alisier torminal, le bouleau, le chêne vert, le chêne tauzin, le merisier, l’orme, le robinier, le tremble et l’ailante.
L’ailante, ou faux vernis du Japon, est l’exemple type de la seconde catégorie. Pour cette plante invasive, la Direction générale de l’environnement du canton de Vaud (Suisse) décrit une reproduction « exubérante par drageonnement depuis les racines », et prévient que « la coupe favorise le drageonnement » et que son abattage « entraîne un drageonnement massif ».
Sa fiche de recommandations de lutte réserve le dessouchage aux arbustes de 10 cm de diamètre au plus, en prélevant « autant que possible l’ensemble du système racinaire », avec un contrôle l’année suivante, car « l’ensemble des racines doit être supprimé pour que l’intervention soit efficace ».
Pour les arbres plus gros, elle prévoit d’autres méthodes. Elle recommande aussi de ramasser et d’éliminer les souches et les racines, et de porter des gants : la sève peut irriter la peau.
Si l’arbre que vous faites abattre repoussait déjà au pied, ou si des pousses sortaient de la pelouse autour, dites-le avant le chantier.
Replanter après une souche
Une souche peut abriter des champignons qui attaquent les racines. Le gouvernement du Québec présente l’armillaire comme « le plus important champignon causant la pourriture des racines ».
Elle se propage dans le sol, par contact entre les racines d’arbres voisins ou par des filaments bruns ou noirs, et ses champignons apparaissent au pied des arbres malades ou sur des souches.
En France, le Département de la santé des forêts présente l’une de ses espèces, l’armillaire obscure, comme « un pourridié racinaire », qui « provoque communément des ronds de mortalité » dans des plantations de pin maritime des Landes, de Bretagne et des Pays-de-la-Loire.
- Souche attaquée par un pathogène des racines
- Dans l’enquête de Plante & Cité, elle est systématiquement extraite par les professionnels, pour éviter de contaminer les plantes voisines.
- Arbre mort sans cause évidente, ou champignons sur la souche
- Faites identifier le problème avant de replanter au même endroit.
Aucune des sources consultées ne garantit qu’une extraction suffise à protéger un nouvel arbre : c’est un diagnostic, pas une méthode, qui tranche.
Avant le chantier
Si l’arbre est encore debout, la souche se décide en même temps que l’abattage de l’arbre : voyez aussi s’il faut une autorisation pour abattre l’arbre. Pour une souche déjà là, la page dessouchage présente les deux méthodes.
Sources5 textes · consultés le 08/10/2026
- Plante & Cité, C. Bortoli et M. Guérin, « Abattage, essouchage, dévitalisation : des clés pour substituer et diversifier ces pratiques au bénéfice de la conservation et de la valorisation des arbres » (version 2, mars 2022) : glossaire (rognage, essouchage, rejet, drageon), résultats de l’enquête, conservation et valorisation des souches.
- Canton de Fribourg, Service des forêts et de la nature, « Capricorne asiatique : fraisage des souches » (formulaire et note aux propriétaires).
- Canton de Vaud, Direction générale de l’environnement (DGE-BIODIV), fiches « Ailante » F3-1, description et F4-1, recommandations de lutte (version revue et corrigée 2018).
- Ministère de l’Agriculture, Département de la santé des forêts, « Mortalités de jeunes plants de pin maritime dans le nord-est de la France associées à la présence d’armillaire obscure » (juillet 2025).
- Gouvernement du Québec, fiche « Pourridié-agaric dans les érablières » (mise à jour du 25 juillet 2025).




